Rafle. Le mot est intéressant, il veut dire ce qu'il veut dire mais la presse ne l'utilise pourtant pas pour qualifier la méthode Sarkozy contre les "illégaux".

J'ai découvert un article que Le Monde a refusé de mettre en ligne, d'où ce post.
L'auteur est Emmanuel Terray, anthropologue, membre de la ligue des droits de l'homme et ancien du CNRS.
http://www.ldh-toulon.net/spip.php?article1810

L'article ne doit pas correspondre à ce que Sarko attends des médias...
qques extraits de l'interview et de l'article en questions:
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« A partir du moment où la police se livre à des interpellations massives opérées à l’improviste dans une certaine population, eh bien il y a rafle !
« Ce qui fait le caractère suprêmement tragique des rafles de 1942, dont je rappelle qu’elles sont effectuées pour l’essentiel par la police française, c’est qu’au terme de la rafle, la police française remet les gens qu’elle a capturé aux Allemands. Elle les remet aux nazis et à partir de ce moment-là, ils sont déportés, [...]  et à ce moment-là la police française se désintéresse de leur sort. C’est cette présence allemande qui fait tout le caractère unique et extraordinairement tragique de l’extermination de 1942, et bien entendu aujourd’hui, il n’y a pas extermination, et il n’y a pas Allemands. Mais en revanche si l’on regarde l’attitude de la police française, les similitudes apparaissent. »

"[...] Les techniques existent. C’est la convocation piège dans les préfectures, qui était déjà pratiquée en 1942. C’est la rafle, l’arrestation massive. C’est l’interpellation des enfants dans les écoles.
On a beau me dire que les deux situations n’ont aucun rapport, c’est quand même la première fois depuis les années 1940-1945 que des enfants sont interpellés dans des écoles. C’est l’interpellation des gens à leur domicile comme ça s’est produit à Amiens, avec les conséquences tragiques que l’on connaît. Techniquement parlant quand on veut interpeller des indésirables, il faut aller les chercher là où ils sont.
Le fait que la police française se soit vue fixer des objectifs chiffrés en la matière, et sur lesquels les responsables sont jugés par leur hiérarchie, a pour conséquence que cette chasse prend des formes tout à fait spectaculaires. »

"On a soutenu qu’en 1942 les autorités françaises ignoraient le sort réservé aux Juifs par les nazis : peut-être, mais leur ignorance même était le résultat d’une décision réfléchie : elles ne voulaient pas le savoir. Il en est exactement de même aujourd’hui : ce qui compte pour le gouvernement, c’est de se débarrasser des hommes, des femmes et des enfants concernés ; sitôt la frontière franchie, il ne s’estime plus responsable de rien et les abandonne à leur destin en toute indifférence."

« Une des conséquences de tout cela, c’est quand même le fait extrêmement grave que désormais, c’est par centaines que les enfants sont enfermés en centre de rétention.
La Cimade le mentionne : les chiffres pour 2005 sont de l’ordre de 400. Et je pense qu’aujourd’hui ils ont beaucoup augmenté. Les parents sont soumis au chantage : ou bien vous les emmenez avec vous, ou bien on les met à la Ddass. C’est quand même extrêmement grave que des enfants de trois à six ans soient enfermés dans des centres de rétention. Ultime parallèle : quand la Cimade a interpellé les autorités sur ce placement des enfants en rétention, en leur disant "mais les enfants n’ont pas à être en rétention puisqu’ils ne sont pas expulsables", la réponse de l’administration a été “oui mais nous agissons dans un but humanitaire pour ne pas séparer les parents des enfants“.
Eh bien, je le dit brutalement, j’appelle ça la jurisprudence Laval –Bousquet, parce que c’est exactement la réponse que Laval et Bousquet ont faite aux autorités chrétiennes quand les autorités chrétiennes leur ont demandé de ne pas interpeller les enfants juifs, Laval et Bousquet leur ont répondu qu’ils faisaient cela dans un but humanitaire pour ne pas les séparer de leurs parents.
On peut penser qu’il s’agit d’une pure et simple coïncidence, n’empêche que la réponse est mot pour mot la même. »

"Si les événements suivent leur cours actuel, il est vraisemblable que les analogies iront jusqu’à leur terme et que, dans trente ou quarante ans, des cérémonies de repentance seront organisées pour déplorer et désavouer la politique d’immigration pratiquée actuellement. Plutôt que d’attendre un tel dénouement, ne serait-il pas préférable de renforcer dès aujourd’hui la résistance à cette politique, en attendant d’y mettre fin dès que l’évolution de l’opinion le permettra ?
Emmanuel Terray

Ethnologue, directeur d’études à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales

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Les quotas du gouvernement en matière d'expulsion me sidèrent...
En France, les rafles sont donc de mise.

Bien triste tout cela... mais n'ayons honte, non non non... ce sont tous de vilains illégaux !