28 septembre 2007
Sarkozy et les rafles...
Rafle. Le mot est intéressant, il veut dire ce qu'il veut dire mais la presse ne l'utilise pourtant pas pour qualifier la méthode Sarkozy contre les "illégaux".
J'ai découvert un article que Le Monde a refusé de mettre en ligne, d'où ce post.
L'auteur est Emmanuel Terray, anthropologue, membre de la ligue des droits de l'homme et ancien du CNRS.
http://www.ldh-toulon.net/spip.php?article1810
L'article ne doit pas correspondre à ce que Sarko attends des médias...
qques extraits de l'interview et de l'article en questions:
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« A partir du
moment où la police se livre à des interpellations massives opérées à
l’improviste dans une certaine population, eh bien il y a rafle !
« Ce qui fait le
caractère suprêmement tragique des rafles de 1942, dont je rappelle
qu’elles sont effectuées pour l’essentiel par la police française,
c’est qu’au terme de la rafle, la police française remet les gens
qu’elle a capturé aux Allemands. Elle les remet aux nazis et à partir
de ce moment-là, ils sont déportés, [...] et à ce moment-là la police française se désintéresse de
leur sort. C’est cette présence allemande qui fait tout le caractère
unique et extraordinairement tragique de l’extermination de 1942, et
bien entendu aujourd’hui, il n’y a pas extermination, et il n’y a pas
Allemands. Mais en revanche si l’on regarde l’attitude de la police
française, les similitudes apparaissent. »
"[...] Les techniques existent. C’est la convocation piège dans les
préfectures, qui était déjà pratiquée en 1942. C’est la rafle,
l’arrestation massive. C’est l’interpellation des enfants dans les
écoles.
On a beau me dire que les deux situations n’ont aucun rapport,
c’est quand même la première fois depuis les années 1940-1945 que des
enfants sont interpellés dans des écoles. C’est l’interpellation des
gens à leur domicile comme ça s’est produit à Amiens, avec les
conséquences tragiques que l’on connaît. Techniquement parlant quand on
veut interpeller des indésirables, il faut aller les chercher là où ils
sont.
Le fait que la police française se soit vue fixer des objectifs
chiffrés en la matière, et sur lesquels les responsables sont jugés par
leur hiérarchie, a pour conséquence que cette chasse prend des formes
tout à fait spectaculaires. »
"On a soutenu qu’en 1942 les autorités françaises ignoraient le sort
réservé aux Juifs par les nazis : peut-être, mais leur ignorance même
était le résultat d’une décision réfléchie : elles ne voulaient pas le
savoir. Il en est exactement de même aujourd’hui : ce qui compte pour
le gouvernement, c’est de se débarrasser des hommes, des femmes et des
enfants concernés ; sitôt la frontière franchie, il ne s’estime plus
responsable de rien et les abandonne à leur destin en toute
indifférence."
« Une des
conséquences de tout cela, c’est quand même le fait extrêmement grave
que désormais, c’est par centaines que les enfants sont enfermés en
centre de rétention. La Cimade le mentionne : les chiffres pour
2005 sont de l’ordre de 400. Et je pense qu’aujourd’hui ils ont
beaucoup augmenté. Les parents sont soumis au chantage : ou bien vous
les emmenez avec vous, ou bien on les met à la Ddass. C’est quand même
extrêmement grave que des enfants de trois à six ans soient enfermés
dans des centres de rétention. Ultime parallèle : quand la Cimade a
interpellé les autorités sur ce placement des enfants en rétention, en
leur disant "mais les enfants n’ont pas à être en rétention puisqu’ils ne
sont pas expulsables", la réponse de l’administration a été “oui mais
nous agissons dans un but humanitaire pour ne pas séparer les parents
des enfants“.
Eh bien, je le dit brutalement, j’appelle ça la
jurisprudence Laval –Bousquet, parce que c’est exactement la réponse
que Laval et Bousquet ont faite aux autorités chrétiennes quand les
autorités chrétiennes leur ont demandé de ne pas interpeller les
enfants juifs, Laval et Bousquet leur ont répondu qu’ils faisaient cela
dans un but humanitaire pour ne pas les séparer de leurs parents.
On
peut penser qu’il s’agit d’une pure et simple coïncidence, n’empêche
que la réponse est mot pour mot la même. »
"Si les événements suivent leur cours actuel, il est
vraisemblable que les analogies iront jusqu’à leur terme et que, dans
trente ou quarante ans, des cérémonies de repentance seront organisées
pour déplorer et désavouer la politique d’immigration pratiquée
actuellement. Plutôt que d’attendre un tel dénouement, ne serait-il pas
préférable de renforcer dès aujourd’hui la résistance à cette
politique, en attendant d’y mettre fin dès que l’évolution de l’opinion
le permettra ?
Emmanuel Terray
Ethnologue, directeur d’études à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales
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Les quotas du gouvernement en matière d'expulsion me sidèrent...
En France, les rafles sont donc de mise.
Bien triste tout cela... mais n'ayons honte, non non non... ce sont tous de vilains illégaux !
Commentaires
Nuance...
Même si je suis choquée par la manière dont le gouvernement et ses fonctionnaires interpellent les "sans papier", j'ai du mal à accepter la comparaison que fait E. Terray !
Les rafles contre les juifs avaient lieu dans tous les pays occupés, certes la Police française et l'Etat Français ont fait preuve de zèle mais n'oublions pas que la France est le pays européen (occupé) qui a caché le plus de juifs.
Les juifs étaient déportés pour ce qu'ils étaient, du fait de leur naissance... Et la plupart savaient qu'ils les envoyaient à la mort.
Les "sans papier" ont quelque part pris le risque de s'installer dans un pays illégalement.
Tu es bien placé pour savoir que lorsqu'on s'installe à l'étranger, on se soumet à la loi du pays qui nous accueille.
Je n'ai pas souvenir que des enfants aient été interpellé dans leur école...
Ce qui me choque le plus, ce sont les moyens mis en place pour expulser ces personnes, l'urgence invoquée.
N'oublions pas toutefois qu'il y a eu des régularisations.
Il y a de la provocation dans son texte, mais le fond est que le mot rafle qualifie à la perfection ce qui se passe en France.
Je ne pense pas qu'il fasse une comparaison stricte mais il donne des 'ressemblances' marquante.
En ce qui concerne les enfants, ce sont les chiffres officiels... 400 en centre de rétention en 2005... les chiffres 2006-07 vont faire peur...
Mais encore une fois - et similitude - "c'est dans un but humanitaire" ...
La notion de "quotta" par région me laisse quant à elle sans mot...
hébergement et sans-papier
Lecture du soir - en parlant de 'sans-papiers'... Je viens de découvrir qu'il n'y a pas que le volet des fameux tests d'ADN qui issu d'esprits tordus...
Les sans-papiers n'auraient plus le droit au logement d'urgence !!!!
Ça devient très très grave la France...
Honteux.
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